A l’occasion de la semaine de la médiation qui s’est déroulée du 17 au 21 octobre, le ministre de la Justice, Koen Geens, a déclaré :

Je veux donner à la médiation une place à part entière au sein de la justice. La médiation en tant que mode de résolution des conflits doit être soutenue. Aussi, j’entends y oeuvrer par des incitants dans différents domaines. Les parties concernées doivent connaître quelles sont les alternatives de résolution des conflits et le seuil à leur recours doit être abaissé

Les statistiques publiées révèlent qu’actuellement pour un litige de 200.000 euros, le coût d’une procédure est de 16.000 euros pour une durée moyenne de 525 jours, alors qu’une médiation aboutit à un compromis en 45 jours pour un coût moyen de 7.000 euros et que si en 2015 la médiation a progressé de 17 % de médiations par rapport à 2013, il est possible de faire encore beaucoup mieux, puisque pour un différend d’ordre commercial moins de 10 heures sont nécessaires dans 37 % des cas, entre 10 et 20 heures dans 49 % des cas et entre 20 et 30 heures dans 80% des cas.

Largement présente dans les pays anglo-saxons car utilisée comme un produit de consommation, la pratique de la médiation progresse encore trop lentement en Belgique qui détient le triste record du taux le plus élevé de recours devant les tribunaux en Europe.

Avec les périodes de crise que nous connaissons les entreprises se réorganisent, connaissent des changements à la suite de fusions, d’acquisitions, d’alliances et se trouvent ainsi confrontées à gérer des différends-exprimés ou non-qui peuvent être à l’origine de tensions relationnelles, voire entraver la réalisation d’objectifs, ce qui entraîne des craintes auprès des salariés, des malaises entre actionnaires et des brouilles avec les fournisseurs.

Les premiers s’inquiètent pour la qualité de leur travail, voire la perte de leur emploi, les seconds s’interrogent sur la pérennité de l’entreprise, et les troisièmes sur la viabilité de leurs situations financières.

Ces événements structurels et conjoncturels nous interpellent quant aux effets de ruptures brutaux que peuvent entraîner les fusions d’entreprises aux cultures différentes (management, ressources humaines, culture syndicale).

Ainsi les entreprises qui décident de faire appel à un médiateur extérieur pour accompagner leurs collaborateurs dans la résolution d’un conflit prouvent que le dialogue social fait réellement partie de leur priorité et que la qualité de vie au travail a bien toute sa place.Il y a donc fort à parier que les risques psychosociaux y diminueront et chacun, quelle que soit sa place dans la hiérarchie, pourra envisager un avenir plus serein et motivant.

Il n’est plus à démontrer que les conflits mal gérés entraînent des coûts humains et financiers non négligeables, et les entreprises qui décident de faire appel à un médiateur extérieur pour accompagner leurs collaborateurs dans la résolution d’un conflit prouvent que le dialogue social fait réellement partie de leurs priorités et que la qualité de vie au travail y a bien toute sa place.

En favorisant le dialogue et l’écoute des intérêts respectifs, le médiateur fournit aux parties les moyens de retrouver confiance, ce qui entraîne une diminution de la résistance aux changements, chaque partie dans son rôle se sentant valorisée et tout sentiment de frustration disparaissant, puisque le médiateur aura identifié les éléments de tension et analysé les oppositions d’intérêts.

Si dans un premier temps les parties ne semblent pas s’accorder dans le cadre d’une médiation, son amorce présente l’avantage de la reprise du dialogue, de sorte que quelques mois après la fin de la médiation-qui initialement ne semblait pas avoir abouti-les parties s’entendent d’elles-mêmes sur une solution pérenne.

Les domaines dans lesquels la médiation a fortement progressé sont les conflits en droit social (conflits entre salariés, entre un collaborateur et sa hiérarchie, entre deux services…). Il est important de constater que, dans la majorité des dossiers traités, les circonstances qui amènent les parties à la médiation sont liées à des allégations de harcèlement et/ou des problèmes relationnels (individuels et collectifs), les conflits survenant le plus souvent lorsque les postes sont mal ou peu définis, ce qui arrive fréquemment en période de rachat ou de réorganisation de l’entreprise.

La médiation se développe également dans le domaine des relations commerciales et financières et inter entreprises qui prévoient d’insérer dans leurs contrats une clause de recours à la médiation, ce qui constitue une plus-value certaine, ce processus de règlement des litiges étant encadré par des règles strictes de confidentialité, ce qui est primordial dans le monde des affaires.

Ainsi votre entreprise, quels qu’en soient sa taille ou son secteur d’activités, se trouvera un jour ou l’autre confrontée à la gestion de conflits soit en interne, soit à l’égard de fournisseurs, clients ou partenaires commerciaux. Anticiper les malaises comme gérer efficacement les différends est aujourd’hui l’une des clés de la réussite en particulier dans le contexte de crise conjoncturelle qui perdure.

Il faut donc continuer à nous informer, à accompagner nos entreprises comme l’ensemble de leurs partenaires sociaux, économiques et financiers pour que la médiation devienne le mode principal de règlement des litiges, comme le dit si bien cette citation d’Abraham Lincoln :

Découragez les litiges. Persuadez les voisins de conclure un compromis chaque fois que possible.Faites leur comprendre que le vainqueur apparent est souvent le perdant réel : en frais, débours et en perte de temps

 

Hélène Halpérin Katz

Médiateur Agréé en civil et commercial

https://www.justicehorslesmurs.com